16/11/2011

exemple: Albert Parisis, francophile

Albert Parisis, Le "Mois de la Francité" à Liège, VA 09/09/1973

 

"Le français n'est pas le rassemblement des francophones, de ceux qui parlent français.  Elle est plus que cela: elle est une culture déterminée, une façon de voir la vie et de l'exprimer, un génie particulier servi par une langue, sans se résumer en celle-ci."

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exemple: Guy Goffette

D.Z. Godefroid / Guy Goffette : « Je suis antinationaliste », AL 19/10/2001

 

Guy Goffette s’est toujours senti universel.

« Etre belge, je m’en fiche. On est le poète de sa langue. Je suis antinationaliste », affirme le poète, aujourd’hui conseiller à la maison Gallimard à Paris.

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exemple: Pierre Ruelle (ULB)

Jean Tordeur, Pierre Ruelle /ULB/ déclare son amour à la France, LS 28/03/1988

 

Pour lui, la Wallonie est "un lambeau arraché de la patrie française".   

 

 

 

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exemple: Claude Javeau (ULB), francophile

Claude Javeau, De la France, de la Belgique et de la Wallonie, éd. Larousse, 2009

 

(p.6)La République française devrait-elle annexer la Wallonie, partie méridionale du royaume de Belgique, où le français est la langue officielle pour la majorité de ceux qui y vivent ? Le Wallon (ou plutôt le Liégeois, ce qui - on le verra plus loin - n'est pas la même chose) que je suis fait à cette question une réponse de Normand: p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non. Cela dépend à la fois du cours des choses en Belgique et de ce que l'on entend par «annexer». La Belgique tout entière, comprenant donc ce que l'on désigne aujourd'hui par Wallonie, fut déjà purement et simplement annexée par la France pendant une vingtaine d'années, entre 1795 et 1815. C'est la raison pour laquelle certains partisans du rattachement à la France, qu'on appelle justement les «rattachistes», parlent souvent de «retour à la France».

 

(p.119) Annexer et rattacher

 

Avant même de concerner seulement la Wallonie, l'an­nexion était un sujet dans le vent, ce dont Baudelaire témoigne avec une verve tout acerbe (en ces temps-là, rappelons-le, toutes les élites belges parlaient le fran­çais). Je ne résiste pas au plaisir un peu masochiste de citer en entier le passage qu'il y a consacré dans Pauvre Belgique:

«L'annexion est un thème de conversation belge. C'est le premier mot que j'aie entendu ici, il y a deux ans. À force d'en parler, ils ont contraint nos perroquets du journalisme français à répéter le mot. - Une grande partie de la Belgique la désire. Mais c'est une mauvaise raison. Il faudrait d'abord que la France y consentît. La Belgique est un enfant déguenillé et morveux qui saute au cou d'un beau monsieur, et qui lui dit: "Adoptez-moi,

(p.120) soyez mon père!" - II faut que le monsieur y consente. Je suis contre l'annexion. Il y a déjà assez de sots en France, sans compter tous nos anciens annexés, Bordelais, Alsaciens, ou autres. Mais je ne serais pas l'ennemi d'une invasion et d'une razzia, à la manière antique, à la manière d'Attila. Tout ce qui est beau pourrait être porté au Louvre. Tout cela nous appartient plus légitime­ment qu'à la Belgique, puisqu'elle n'y comprend plus rien. - Et puis, les dames belges feraient connais­sance avec les Turcos, qui ne sont pas difficiles. La Belgique est un bâton merdeux: c'est là surtout ce qui crée son inviolabilité. Ne touchez pas à la Belgique ! »

Baudelaire traite ici de la Belgique dans son entier, et cet ouvrage n'est censé, pour sa part, ne concerner que la Wallonie. Avec ou sans Bruxelles : au sein de la Com­munauté française de Belgique, on parle volontiers de la Communauté Wallonie-Bruxelles (et l'avis des Fla­mands n'a pas été sollicité à ce sujet). Pour simplifier les choses, je me bornerai à évoquer la Wallonie telle qu'elle est comprise entre les frontières de l'actuelle Région wallonne. Avec ou sans la minorité de langue allemande? Disons avec, sous réserve d'un éventuel référendum.

 

(p.121) (...) le RWF (Rassemblement Wallonie-France) n'a, jusqu'à présent, engrangé que des scores très faibles. Son dirigeant, Paul-Henry Gendebien, membre de la noblesse, ancien représentant de la «Communauté Wallonie-Bruxelles» à Paris, descend de l'un des fondateurs (membre du Congrès national) du royaume de Belgique en 1831. Estimé de la plupart de ses concitoyens, il n'a rien d'un excité irrédentiste. Tout au plus pourrait-on voir en lui un obstiné, avec une idée fixe particulièrement tenace. Mais Paul-Henry Gendebien peut s'estimer aujourd'hui récompensé de ses efforts. L'idée du rattachement fait son chemin, comme en témoignent des sondages récents. Même si l'on garde en tête qu'il faut se méfier des sondages, surtout ceux réalisés par la méthode des quotas, dont la valeur scientifique est sujette à cau­tion, ceux-ci attestent toutefois de la progression de l'idée du rattachement dans l'opinion publique fran­cophone belge (on ne sonde jamais les Flamands à ce sujet).

 

(p.126) Nota bene: l'auteur de ces lignes pencherait, sentimen­talement, pour un changement de nationalité dans un cadre institutionnel nouveau. Mais, à côté du senti­ment, il y a la raison; et, en ce domaine, ce sont ses conseils qui doivent prévaloir.

 

Bruxelles, le 29 juillet 2008

 

 

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exemple: Patrick Roegiers, renégat

UNE LANGUE INOUÏE  / PAR PATRICK ROEGIERS

 

Le Belge n'a pas de langue propre.
Le Belge n'a pas de langue maternelle.
C'est un paria, un exclu, un orphelin du langage.
Babel, babil, babeleer, broubeleer, bruxelleir.
Le problème du Belge, c'est de parler français.

En Belgique, le français est une langue étrangère.
Car le français, «méthodique et précis», instruit la pensée.
Or, la langue, en Belgique, rencontre peu la pensée
Le Belge n'a point d'attrait pour une pensée sérieuse.
Il aime le concret, le vrai, le familier, le pesant, le trivial, le plein, le goûteux, l'organique.
Les mots belges disent autre chose que ce qu'ils disent.
Ils ont certes un sens premier.
Mais sont sans portée seconde.
Le sens émane d'abord du son.
Le néologisme belge est essentiel.
Il ouvre l'accès à l'insensé.

Le rôle de l'écrivain belge est d'inventer sa langue plutôt que de parler la langue commune, c'est-à-dire le «bon» français, qui sied aux Français.
Le sabir belge échappe à toute logique.
La langue belge est insoumise, incorrecte et très gaffeuse.
Elle est l'exact contraire d'un flux limpide, juste et pondéré.

Le Belge pâtit d'un abcès sur la langue comme celui qui tortura tant Christian Dotremont.
Le Belge, taiseux, n'est pas un beau phraseur.
Le Belge s'exprime par ouï-dire.
La langue cacophone définit son territoire.
Le Français a la langue bien pendue.
Le Belge a la langue bien fendue.

Le Belge? Une langue de peintre!

Le Belge est une langue morte
Tue et, partant, tuée.
Dès son orée.
Le Belge ne prend pas la parole.
Il la rend.
Qu'importe donc comment en France on dit mon nom!
J'écris en belge, si je veux.
Je sens en flamand, malgré moi.
Mais je pense en français.
Et je reste filialement attaché à la langue belge, renégate des œillères, ouillée, mal ouïe, ointe d'ouillouillouilles, parce qu'on n'oublie pas la langue qui parle en soi.

 

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